Drive piéton : petite ou grande révolution ?

Si le drive piéton a fait son apparition en 2014 à Paris sous la bannière d’Auchan, c’est en 2017 qu’a eu lieu son véritable démarrage. Le centre E.Leclerc de Templeneuve a ouvert dans le vieux Lille, son 1er drive piéton qui est désormais la référence en la matière. Avantages, fonctionnement et perspectives ; Cofordis vous dit tout.

2 mots contradictoires pour une réussite.

« Drive » et « piéton » sont antinomiques, et ensemble ils représentent un concept qui non seulement bouleverse le commerce de proximité, mais qui fonctionne !
Le système est simple : le client passe sa commande sur son smartphone, PC ou tablette. Elle est préparée dans un entrepôt en dehors de la ville, puis acheminée jusqu’à un point relais en centre-ville. Le client scanne son téléphone à la borne du point relais et ses sacs arrivent. Il peut récupérer ses achats quand il le souhaite pendant les heures d’ouverture.

Bataille de titans …

Carrefour a lancé mi-avril, 4 drives-piéton à Paris, et 6 à Lyon et Saint Etienne. Il vient ainsi titiller les centres E.Leclerc sur leur domaine de prédilection : le drive. Le drive-piéton est désormais le symbole de la guerre commerciale que se livre les 2 enseignes. Et elles ont raison de se pencher sur ce nouveau phénomène qui présentent de gros avantages et semble bien représenter l’avenir de la distribution.

 

Pourquoi cela fonctionne ?

Compte tenu des nouveaux modes de consommation (optimisation du temps, choix dans l’offre, tarifs attractifs …) le drive piéton est sans conteste le modèle qui répond aux attentes des consommateurs de centre-ville. Sa proposition est bien plus performante que celle des magasins de proximité urbains traditionnels : un large choix de produits (12 000 références contre 6 000), des prix 20 à 25% plus bas.

La référence, c’est Leclerc à Lille !

Pourquoi ? La raison est simple : un investissement de 50 000€ pour un local de 50m², 1 700 clients dans le quartier, + de 1 000 commandes hebdomadaires, un CA de 1,5 millions d’€ !
Thomas Pocher – directeur du Leclerc de Templeneuve –  explique pourquoi ce 2ème drive piéton va rentabiliser l’ouverture du 1er : « il manque 1,5 points de marge uniquement à cause des coûts logistiques. Les 6 ou 7 tournées du 1er drive piéton vont être optimisées par l’ouverture du 2ème. Les camions seront chargés à plein. Les coûts logistiques vont donc baisser d’au moins 2 points. »*

Thomas Pocher est très lucide quant à l’avenir des grandes surfaces : « j’adore le magasin de Templeneuve, mais je ne peux l’objectiver : il ne recrute plus. Je pense qu’il faut éviter de se crisper. Ce n’est pas grave si un autre modèle que celui de l’hyper se déploie. Il faut prendre ce qu’il y a de bons dans les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon …), utiliser leurs armes et l’aspiration des clients est trop forte pour que l’on n’y aille pas. Mon modèle est malade, mais il n’est pas cassé ! »*.
Son projet : « ouvrir une dizaine d’autres drives piéton ; les 2 premiers sont des tests ».

 

Un service qui doit rester humain.

Conscient de voir les relations se déshumaniser avec la prolifération du digital, Thomas Pocher propose des prestations complémentaires dans ses drive piéton, toujours avce la notion de service: dépôt de pressing avec un commerce partenaire dans le quartier, proposition de paniers bio.

Avec un marché du drive arrivé à maturité et qui ne touchait quasi pas la clientèle de centre-ville, le drive-piéton répond à une attente et ses avantages sont nombreux: autant de références en centre-ville que dans les hypers avec des prix identiques, de la flexibilité dans les horaires de récupération des commandes (jusqu’à 21h45 chez Leclerc à Lille et plus besoin d’être bloqué chez soi à attendre le livreur), une implantation dans des lieux stratégiques (comme à côté de la gare Lille-Flandres par exemple).
Alors oui, le drive piéton révolutionne la distribution.

 

* source : La Voix du Nord