Chercher le client là où il se trouve (partie 2)

Dans la 1ère partie de ce sujet « chercher le client où il se trouve », nous avons vu ceux qui seront certainement les leaders de demain. Cofordis se penche maintenant sur ceux dont le modèle économique ne fait plus recette et qui doivent revoir leur stratégie.

Casino : un virage contraint et forcé

Le Groupe Casino est-il en train de jouer son va-tout en multipliant les enseignes de proximité ? On peut légitimement penser que oui. Les Hypers et autres grandes surfaces sont en désamour avec leurs clients. Cette période post-covid ne fait qu’ancrer un peu plus le sentiment que le commerce de proximité est le segment le plus dynamique.

Pour Philippe Galey – Directeur Executif Casino Proximité, les enseignes de proximité comme Petit Casino, Casino Shop, Le Petit casino, Spar, Vival, Sherpa, « sont des piliers forts du groupe qui répondent à l’appétence des clients de par leur maillage territorial, et leurs offres et services amènent du dynamisme dans les communes. » Selon lui, le modèle économique des enseignes Casino Proximité est « tout à fait pérenne et rentable ».

En 2020, le groupe a ouvert + de 100 enseignes de proximité et en prévoit 200 supplémentaires l’année prochaine. Avec ses 3800 points de vente, Casino Proximité couvre une large typologie de commerces : urbain, saisonnier, rural et montagnard, et multiplie les services. Le Click & Collect et le e-commerce sont boostés par l’effet Covid. De fait, 600 magasins les proposent. Pour aller encore plus loin, le groupe refond son site pour regrouper ces enseignes de proximité sous une seule bannière et permettre un paiement en ligne pour tous.

La proximité : l’enjeu de 2021

Auchan annonce pour 2021, 300 points de retrait Auchan Piéton et Auchan Drive. Intermarché Relais ouvre à Paris avec du Click & Collect, du snacking, du coworking, des marques invitées. Les enseignes capitalisent sur des formats existants afin d’être encore au plus près des consommateurs, à chaque moment de leur journée, ou de leur soirée, grâce notamment à la livraison à domicile.

Reste la question de la rentabilité ; elle est clairement liée à l’implantation du magasin. Pour Yves Marin – spécialiste de la consommation et de la grande distribution au Cabinet de conseil Bartle, « à 100m près, la proximité n’a pas du tout le même rendement au m². Ce segment de commerce représente un gâteau de 10 milliards d’Euros en France. Son évolution au 1er semestre est à 2 chiffres : + 10 à 15%. C’est un format qui a le vent en poupe et qui est profitable pour autant que l’on ait le savoir-faire commerçant pour le faire tourner. Casino et Relais le font bien.»

Le 2nde main

Certaines enseignes s’engouffrent dans ce marché en vogue. Parce qu’elles y croient ou parce qu’elles tentent une manœuvre pour sortir de ce marasme économique : elles seules ont la réponse.

Ce que l’on constate, c’est que ce n’est pas nouveau, du moins pour certains. Depuis 2 ans, E.Leclerc rachète des livres, des bijoux, des articles de sport, de l’électro-ménager, de l’électronique et plus encore, pour les revendre d’occasion dans ses rayons.

Pour tenter de se différencier, Carrefour surfe sur l’actualité et un produit incontournable aujourd’hui : le masque !

Elle se lance dans la structuration d’une filière non existante en mettant à avant que « grâce à son action, les masques ne se retrouveront plus sur les trottoirs et les plages ».

Avec son partenaire Terracycle, Carrefour se construit une image raccord avec la tendance qui est de protéger l’environnement pour faire oublier celle bien mal aimée de la grande distribution.

Le commerce de proximité vit actuellement sa révolution. On passe désormais de la notion de point de vente à celui de point de contact. Le magasin ne fait plus qu’uniquement exposer des produits et encaisser des achats. Il s’ouvre à de nouveaux services très variés, et la fonction initiale du magasin n’a pas encore fini d’évoluer, tout comme celle de la logistique. Selon Yves Marin, « comme la fonction de ces points de vente s’élargit, le parc s’élargit aussi ».