Carte AI Act UE, étoiles jaunes, fond bleu
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L’impact du code européen de l’IA sur la formation : un sujet à prendre très au sérieux

Le code européen de bonnes pratiques sur l’intelligence artificielle à usage général a été mis en pratique l’été dernier. D’abord présenté comme une initiative volontaire, il marque une étape clé vers une régulation structurante de l’IA en Europe. Et s’il peut sembler lointain ou technique, il concerne directement les acteurs de la formation.

Carte UE avec étoiles et texte 'AI ACT'.

Car une réalité s’impose : IA et formation vont désormais de pair. La maîtrise de l’une conditionne le pilotage de l’autre, et l’attentisme ne deviendra rapidement plus une alternative.

Code européen AI ACT : mise en place officielle des règles le 2 août 2025.

Publié par la Commission Européenne, ce code de bonnes pratiques, vise à encadrer l’utilisation des IA à usage général (IA génératives, modèles, assistants intelligents, etc.) autour de 3 axes clés :

  • transparence,
  • sûreté et sécurité,
  • droit d’auteur.

Ce règlement prépare le terrain réglementaire qui deviendra exécutoire le 2 août 2026 pour toute société utilisant des modèles IA génériques, directement ou via leurs fournisseurs. Les entreprises qui s’en saisissent aujourd’hui prennent donc une longueur d’avance. Celles qui l’ignorent s’exposeront demain à des ajustements brutaux, coûteux.

Pourquoi les organismes de formation sont en première ligne ?

L’IA transforme déjà profondément la formation : création et traduction de contenus, d’exercices, parcours personnalisés, évaluation des compétences, coaching, assistants pédagogiques etc. Mais cette adoption rapide soulève des enjeux majeurs que les acteurs de la formation ne peuvent plus contourner :

  • leurs fournisseurs sont-ils en conformité avec le code et quelles garanties sont fournies?
  • qui forme les collaborateurs à l’usage responsable de l’IA ?
  • quels outils sont autorisés, encadrés, interdits ?
  • comment garantir la fiabilité des contenus générés et la transparence des données ?
  • comment éviter biais, dépendance technologique ou perte de compétences critiques ?
  • les formations déjà en place respectent-elles les obligations (traçabilité, droits d’auteur …) ?

Ceux qui dispensent de la formation deviennent des acteurs clés de la gouvernance IA. Leur rôle ne se limite plus à diffuser des savoirs, mais à structurer des usages durables, éthiques et maîtrisés.

Illustration sur la législation IA de l'UE.

Cap sur la responsabilité et la traçabilité

Ce code de bonnes pratiques révèle une évolution majeure : la responsabilité ne repose plus uniquement sur les éditeurs de solutions ; elle incombe désormais tout autant aux utilisateurs. Recourir à un outil d’IA tiers ne suffira plus à s’exonérer de toute obligation. Les organismes de formation devront être en mesure de prouver leur vigilance : connaissance des modèles mobilisés, respect des droits d’auteur, cadrage des usages et des conditions d’exploitation.

Cela passe par la traçabilité des productions générées par l’IA, la formalisation des consignes données aux modèles, la maîtrise des réglages par défaut. À cette structuration technique s’ajoute un enjeu humain : accompagner l’ensemble des utilisateurs (concepteurs, formateurs comme apprenants) vers des usages informés et responsables.

Est-ce nouveau ? Indéniablement. Est-ce complexe ? Modérément. Est-ce accessible ? Oui, à condition de l’aborder de manière méthodique. Cette transformation confère aux acteurs de la formation un positionnement renouvelé : plus transverse, plus visible, plus stratégique. Elle s’impose comme un acteur clé d’une IA fiable et maîtrisée en entreprise, et défend une approche centrée sur les usages et le développement des compétences.

Un choix stratégique qui dépasse la simple obligation

Cette démarche qui s’avère être également une stratégie, impose un examen lucide des solutions mobilisées : compréhension des modèles, degré de transparence, identification des biais, prise en compte des limites. Autant d’éléments qui conduisent à des arbitrages plus éclairés.

En matière de formation, une technologie puissante dépourvue de cadre ne produit qu’un flux désordonné de contenus. Structurer l’usage de l’IA, c’est instaurer un climat de confiance auprès des collaborateurs, affirmer une exigence de qualité pédagogique et démontrer une approche responsable des risques.

C’est également un moyen d’harmoniser l’ensemble des initiatives liées à l’IA, en évitant les effets de mode ou les déploiements précipités. Surtout, cette anticipation prépare les organismes à une potentielle évolution : demain, la conformité aux règles encadrant l’IA pourrait-elle conditionner la visibilité, voire le financement des formations ?

Anticiper aujourd’hui pour éviter de subir demain

Outre s’exposer à un risque réglementaire, attendre que le cadre devienne exécutoire serait une erreur stratégique. Les acteurs de la formation ont tout intérêt à s’emparer dès maintenant du code pour :

  • structurer une feuille de route claire,
  • poser des règles,
  • accompagner les équipes dans une transition maîtrisée,
  • renforcer leur rôle stratégique au sein de l’entreprise,
  • maîtriser les usages de l’IA et ses risques.

Ce qui peut apparaître comme une contrainte pourrait s’avérer être un avantage concurrentiel. Les acteurs de la formation qui agiront dès maintenant ne subiront pas la réglementation : elles la piloteront.Haut du formulaireBas du formulaire

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