Covid 19 : l’heure du déconfinement a sonné !

Mi-mars, le Coronavirus mettait un coup d’arrêt au commerce. La vie reprend son cours, mais pas comme avant…
Cofordis fait un tour d’horizon de cette reprise d’activité commerciale.

En France, le déconfinement est effectif depuis 10 jours. Pour certains, ce fût le rush chez McDonalds, ou dans les grandes enseignes de fast fashion, pour d’autres, la prudence reste de mise.

Néanmoins, tous les commerces n’ont pas rouvert, soit par peur d’un manque de clients, ou de salariés, soit parce que les contraintes sanitaires sont trop complexes et onéreuses à appliquer.
La crainte d’absence de client s’est surtout fait ressentir dans les magasins de vêtements comme le souligne Eric Mertz – Président de la Fédération Nationale de l’Habillement : « le plus grand risque est de rouvrir sans client ». Cette fédération représente les commerces indépendants, plus vulnérables que les grandes enseignes : « les marques vont nous demander de payer les stocks ». 90% des consommateurs d’habillement n’ont fait aucun achat vestimentaire depuis le 15 mars, et seulement 50% se disent prêts à revenir dans les magasins de mode.

Un nouvel environnement devenu habituel

La configuration des magasins a changé : plexiglass aux caisses, marquages au sol pour faire respecter les distances règlementaires, nombre de caddies/paniers limités (comme chez Action : 40 personnes max en magasin et 1 panier obligatoire par personne ; cela sert de comptage), gel hydro-alcoolique et/ou gants à l’entrée.
Certaines professions, comme les opticiens, ne reçoivent que sur rendez-vous.
Et des horaires parfois chamboulés pour répondre à ces obligations et au manque de salariés qui restent parfois à domicile : garde d’enfants ou droit de retrait oblige.

Des salariés inquiets

Cette inquiétude ne découle pas forcément d’une crainte à se retrouver dans des magasins vide, mais plutôt à cause de l’attitude de certains clients.
A Bordeaux, un vendeur d’une grande enseigne de bricolage se dit exténué par sa reprise du travail : «les clients nous hurlent dessus parce qu’il est inadmissible qu’après 2 mois, leur carrelage n’est toujours pas arrivé ! Ils ne comprennent pas que les fournisseurs aussi ont subi les conséquences du virus. Tout leur est dû. Les clients s’agglutinent sur nous. Les gens sont devenus fous ! ».
Ce même vendeur ajoute que « lorsque nous demandons à un client de se placer derrière les vitres ou de remonter leurs masques parce qu’ils toussent ou éternuent, nous avons droit à : je fais ce que je veux ! »
D’autres, au contraire, ont pu reprendre leur travail dans le calme et la sérénité

Quand l’Europe se ré-ouvre !

Allemagne : « j’en ai marre de mes cheveux ! J’attends depuis 8h00 !» clame un jeune berlinois de 15 ans. Coiffeurs, musées, lieux de cultes, magasins de moins de 800m² ont rouvert leurs portes, avec port obligatoire d’un masque. «Nous ne pouvons pas laisser entrer plus de cinq clients en même temps. Nous portons des masques et respectons une distance de deux mètres. Les caisses sont protégées par du plexiglas. Rien ne peut arriver » déclare un responsable de magasin de chaussures. 

Belgique : la réouverture des magasins s’est soldée par … une grève des transports en commun pour protester contre des mesures sanitaires insuffisantes ! Les masques sont pourtant obligatoires dans la capitale belge, mais l’interdiction de s’asseoir sur certains sièges du tram n’est pas toujours respectée.
La grande artère piétonne a été séparée en 2 par des barrières pour canaliser les passants qui se sont précipités vers les magasins d’articles de sport ou d’habillement : «mon fils a 2 ans et demi et je n’ai plus de chaussures à sa taille. Pendant le confinement, il a mis celles de son grand-frère. »
La police est chargée de faire respecter les consignes : 1m50 de distance entre chaque client, 1 client pour 10m² et seulement 30mn dans le magasin. La vitesse a même été limitée à 20km/h pour permettre aux personnes de marcher sur la route et appliquer la distanciation sociale.

Espagne : A Barcelone, les salons de coiffure reçoivent sur rendez-vous. «C’est un peu chaotique avec tous ces appels téléphoniques » explique Conchi Navarro.
Le semi-confinement règne encore sur la ville, horaires de sortie imposés selon l’âge, mais les bars et restaurants proposent de la vente à emporter.
Certains restaurants se préparent à accueillir des clients : installation des parois en plastique pour séparer des tables ou des clients assis à la même table. Les Pays Bas ont quant à eux installés des « maisonnettes » de verres en terrasse.
Dans le métro madrilène, des policiers distribuent même des masques aux voyageurs.

Italie : les usines, bureaux, chantiers, la construction ont relancé leur activité. Les restaurants, les bars (pour du take-away), les coiffeurs, les instituts de beauté devront attendre le 1er juin pour redémarrer.
L’Italie mise sur une reprise économique rapide, les caisses du pays sont vides ; la réouverture de ses frontières aux touristes est prévue pour le 3 juin.

Pologne : A Varsovie, les habitants se sont rués vers les galeries commerciales. Les hôtels ont également rouverts et tous suivent les consignes à la règle, comme le port obligatoire du masque.

Serbie : si restaurants et cafés ont le droit d’ouvrir mais avec une distanciation sociale, les transports publics reprennent juste du service. Pour tous, le masque et obligatoire et le couvre-feu est maintenu.

Suisse : les paroles du chef de la communication de l’Etat-major cantonal vaudois, Jean-Christophe Sauterel, porte à réflexion : « on a 2 messages différents : on peut être ensemble, comme au restaurant, à l’école, ou dans les transports, mais dans d’autres cas, il faut limiter les contacts sociaux » Le masque n’est pas obligatoire.

Turquie : Sadettin Celikcioglu, barbier à Istanbul, est ravi : «Tous nos créneaux de rendez-vous sont pleins ! Nous sommes 4 barbiers et allons travailler par roulement.»
Les salons de coiffure istanbuliotes ont eux aussi repris avec une forte activité … comme partout en Europe.  Ce début de déconfinement permet de distinguer clairement 2 catégories de clients : ceux qui pensent que tout est comme avant et qui se sont rués faire du shopping, et ceux qui restent marqués par le Covid et veulent ou doivent consommer différemment. Si les ventes à distance ont explosées, certains magasins ont bien profité de la réouverture de leurs portes, comme les enseignes de bricolage-jardinage par exemple.


Et maintenant : que va-t-il se passer ?  Y-aura-t-il un « revenge shopping » comme en Chine (la boutique Hermès de Guangzhou a annoncé un CA de 2,46 millions d’euros pour sa seule journée de réouverture !) ? Les clients craindront-ils d’aller dans les magasins, achèteront-ils plus sur internet ? Les achats non-essentiels chuteront-ils (10 millions de salariés se sont retrouvés au chômage partiel impliquant une baisse de revenus) ?
Les commerçants vont devoir redoubler de créativité pour attirer des clients qui avaient pris l’habitude, pendant 2 mois, de plus aller en magasin, ou qui ont désormais un pouvoir d’achat moindre. Beaucoup de questions et une certitude : il y aura un avant et après Covid 19 pour le commerce.