Quand les pure players s’invitent dans le commerce traditionnel

Le précédent article démontrait l’évolution obligatoire des marques dans la relation avec leurs clients.

Cofordis a remarqué deux enseignes très connues qui partent dans des directions inattendues et audacieuses.

La logique du commerce change obligeant les enseignes à modifier leur comportement marketing : pour exemples Carrefour et Shein.

Carrefour mise sur Rakuten

Malgré ses 20% de part de marché, Carrefour a bien conscience du changement d’habitudes des consommateurs.
Pour tenter de booster ses ventes, l’enseigne prend une direction étonnante : un partenariat avec la market place japonaise, Rakuten ; une première en Europe.
Seuls les produits non-alimentaires sont disponibles sur le site depuis fin avril : « dans un premier temps, nous lançons quelques centaines de références dans la catégorie du petit-électroménager, de la télévision et du jardin avant d’étendre l’expérience à plus d’une dizaine de catégories supplémentaires » explique Élodie Perthuisot – Directrice e-commerce, transformation digitale et data de Carrefour.
Carrefour bénéficiera des 10 millions de visiteurs annuels de la plateforme, de sa logistique de livraison, des opérations spéciales, du programme de fidélité et de cash-back, mais cela ne lui portera-t-il pas préjudice sur ces différents points:
– mise en concurrence de sa propre plateforme

– diminution de ses marges (commissions dues à Rakuten)

– utilisation de ses données par Rakuten au profit de son propre business ?

Selon Carrefour, sa force réside sur les produits alimentaires et non sur les autres. L’objectif est donc de générer des ventes à moindre coût. Quant aux commissions versées à Rakuten, elles seront inférieures au budget publicité estimé pour créer du trafic sur leur site. Concernant les données, Rakuten s’explique : « nous ne vendons pas directement de produits et partageons l’intégralité des données générées par leurs ventes ».
Autre argument : « sur Carrefour.fr, les clients n’ont qu’à cliquer pour voir l’offre de nos concurrents. Faire le choix d’ouvrir un magasin sur une market place, c’est aller au cœur du système, là où la concurrence est la plus directe, pour s’améliorer en comprenant la réalité du marché afin d’adapter nos stratégies ».
Les prix ? Ils seront les mêmes sur les 2 plateformes … tout du moins au début …

Shein ouvre sa « creative house »

Des pop-up stores, un bureau français ; l’e-commerçant chinois leader de la fast-fashion, franchit un nouveau cap avec l’ouverture de son espace parisien.
Ce concept novateur regroupe un atelier de design, un studio photo pour la production de contenus pour les réseaux sociaux et un showroom de présentation des collections : « ce sera le point de rencontres pour les créatifs, les influenceurs et parfois pour le public afin de tisser des liens avec nos communautés » développe Cui He – Directrice marketing Europe.
Prochaines ouvertures 2023 : Londres et 6 pop-up stores en France ; de quoi asseoir sa percée dans le monde du commerce physique.
Le doublé audace + opération de communication-séduction suffira-t-il à contrecarrer sa mauvaise réputation (conditions de travail douteuses, présence élevée de produits chimiques …) ? « Nous avions besoin d’un endroit comme cela pour expliquer comment nous travaillons car je veux que nos amis et nos partenaires soient fiers de faire partie de quelque chose de nouveau plutôt qu’il y ait des questions et des doutes sur le fait de travailler avec nous » précise Cui He. Selon la directrice, « l’organisation de Shein permet une approche plus responsable que ses concurrents ».  Pour Carrefour, stratégie gagnante ou pas ; l’avenir nous le dira ?
Mais Shein a un avantage puissant : sa force dans le e-commerce lui permet de connaitre parfaitement ses clients et de savoir ce qu’ils attendent.
Là est toute la différence !


La société française Omaria l’a parfaitement compris : en analysant les données collectées chez ses clients de la grande distribution, elle a tout d’abord été capable de proposer une liste de courses tout prête, pour ensuite perfectionner son approche en envoyant des
e-mails beaucoup plus pointus, avec la bonne sélection de produits et surtout au bon moment.